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08/11/2006

Christian Da Silva

 

Mais plus inhabitables encore

nous allons au revers des choses

une main prolongeant le coeur

désignant cet autre doigt sur le ciel.

Trop d'étoiles se mettent à prévenir en tout lieu.

Nos vertèbres se taisent sous le poids de ce cosmos

et défient notre droiture. L'humus lui-même nous capture

essaie ses dents neuves et noires à nos chevilles.

Avant que tout ne s'effondre il faut revenir à ce désir

dont les lettres cernaient nos reins

à ce roman comme une tenaille sur les veines

pousser le cri chaud des origines

pour faire éclater la syllabe

celle qui garde le nom d'une peau à peine effleurée

mais demeure au biais du souffle comme un flanc tout entier

comme cette aine où fut la langue.

 

 

Papiers d'exil (suivi de) Provisoire. - La Bartavelle, 1994. - 102 p.

 

 

Christian Da Silva (1937-1994)

Parmi ses 16 autres recueils : Et pour toute semence (Verticales 12, 1970) ; Fêlures du jour, Saisons irritantes (J. Millas Martin, 1970) ; Au regard des pierres (Encres vives, 1971) ; Le jour aux emblavures (MMOS, 1973) ; La blanche promesse de l'os (Le Dé bleu, 1975) ; Langage à deux mains sur la glaise (J. Le Mauve, 1975) ; Pommes de plumes, pommes de mots (St-Germain-des-Prés, 1979) ; Feuilles de hautes marées (Salingardes / Verticales 12, 1982) ; Au bord insaisi du voyage (Tribu, 1984) ; Dit de l'arbre (La Grisière, 1987) ; Pour que le soir te prenne par la main (Cheyne, 1989) ; Hivernale patience (Sud, 1990, Prix Jean Malrieu) ; Poètes (A chemise ouverte, 1994).

 

12:50 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : poésie