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24/06/2006

Werner Lambersy

 

 

Nuit autour des nuits dans la nuit de mon âme, c'est vers toi que je descends comme on entre nu, par une plage en pente, dans l'océan où perdre pied, nager, puis se laisser porter, pour enfin consentir, ayant coulé, à partager les fonds, et plus tard cette absence de fond commune à l'amour

 

Aussi laisse-moi, tandis que j'abandonne ceintures et courroies, qui rassuraient et nouaient mon esprit, que je réduis mes gestes à l'exigence neuve de souveraines libertés, et que je ralentis ma pensée au rythme d'une vitesse instantanée d'exécution, laisse-moi, je t'en prie, ô nuit broyeuse d'étoiles, ne négliger rien, ni du visage, comme s'il était l'image unique, ni du regard, comme s'il en était la seule source, de celle que je confonds aux feux infatigables qui te consument sans fin

 

 

Architecture nuit. - Éditions Phi / Les Éperonniers / Le Noroît, 1992.

 

 

Werner Lambersy

Né en 1941, à Anvers. Parmi ses nombreux autres recueils : Komboloï (Le Dé bleu, 1985) ; Maîtres et maisons de thé (Labor, 1988) ; Volti subito (le Dé bleu, 1992) ; Journal d'un athée provisoire (Phi, 1996) ; Écrits sur une écaille de carpe (L'Amourier, 1999) ; Échangerais nuits blanches contre soleil même timide (L'Amourier, 2004) ; Journal par dessus bord (Phi, 2004) ; A feux ouverts (F.O.L., 2004) ; L'antiphonaire d'Orphée (Dumerchez, 2005) ; L'éternité est un battement de cils : anthologie personnelle (Actes Sud, 2005), ... Maître d'oeuvre, aux éditions du Cherche-Midi, de La poésie francophone de Belgique : anthologie, (2002). Pour plus d'informations : www.wernerlambersy.com

 

 

09:35 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : poésie

Commentaires

LE GRAND BLEU

Sur les hauts fonds, le plongeur a vu les coraux exploser sous l'averse d'astéroïdes rouges et les griffes de la mer ont montré l'étendue des pouvoirs de la nature. Le projecteur intérieur a balayé de son regard obscur la nuit sans fond qui s'étendait au-delà des limites du champ restreint de la vision. Les dés sont jetés, comme ils l'ont d'ailleurs toujours été. Les autres te croiront dompteur de vent ou dresseur de serpent alors que déjà tu ne seras plus que la cendre qui caresse la braise portée par le vent du blizzard.

Écrit par : gmc | 30/06/2006

La nudité du poète qui "abandonne ceintures et courroies" , qui réduit ses gestes à "l'exigence neuve de souveraines libertés", est peut-être la condition même de l'écriture : se détacher, quitter le rivage pour découvrir le monde avec un regard nouveau.
Merci à Werner L. de nous inviter ainsi à nous tourner vers l'essentiel, à laisser tout ce qui nous encombre, pour apprendre à contempler un visage "comme s'il était l'image unique".
Isabelle R.

Écrit par : isabelle raviolo | 31/08/2006

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