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15/09/2006

Cécile Oumhani

 

Qui suivra du doigt

Ces odyssées de signes

Au miroir de nos pas

Dit caché de notre quête

A des échappées de merles et de buis

Tant de brisures à ces routes

Rêvées depuis l'obscur en son commencement

Et ces éveils obstinés

Au détour des failles

Quand à trop douter

Les lendemains se dérobent

Dévastés de paroles non tenues

Et d'étoffes lavées de larmes

Au plein de moissons

Qui n'avaient de goût que la rouille

Et toujours renaît l'entêtement à vivre

Ronces perlées de fruits sombres

Goûteux comme un soir d'été

 

 

(inédit)

 

 

Cécile Oumhani

 

Née en 1952. Parmi ses recueils : A l'abside des hêtres (Centre Froissart, 1995) ; Loin de l'envol de la palombe (La Bartavelle, 1996) ; Des sentiers pour l'absence (Le Bruit des autres, 1998) ; Chant d'herbe vive (Voix d'encre, 2003). Également nouvelliste et romancière.

 

Pour en savoir plus, le site : http://verslaseine.hautetfort.com/   (lien ci-contre, colonne de gauche),

ainsi que : http://pagesperso-orange.fr/labyrinthe/ecrivains/oumhani.html

 

 

 

 

 

06:40 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie

13/09/2006

Tahar Bekri

 

Liban, ma rose noire

 

 

Ils redoublent de férocité

Et crient aux cèdres

 

Nous sommes les seigneurs de la guerre

Nous fermons la mer le ciel et la terre

Et pissons sur vos prières

Nous mangeons les collines et les montagnes

Nous détournons les fleuves

Volons les lacs les plateaux et les arbres

De chiffres sans nom

Nous remplissons vos cimetières

 

Nous sommes les nouveaux aigles

Nous aimons les ruines et les décombres

Le sang des chevaux éventrés

Les larmes des murs

Les enfants sous les pierres

 

Nous sommes les bâtisseurs de vos cauchemars

Coupeurs de routes

Coupeurs de ponts

Démolisseurs d’aéroports

Brûleurs de vos réserves

La farine est notre ennemie

Votre pain poudre pour notre canonnière

Nous mettons l’air à genoux

Le vent à feu et à sang

 

Nous sommes les ravageurs de centrales hydrauliques

L’eau c’est pour laver vos morts

Nous sommes la nuit de votre détresse

Destructeurs de centrales électriques

Amis des chauves-souris

La cécité guide nos cœurs

Assoiffés de vos linceuls sans cercueils

 

Nous sommes les rois de la lumière

Nous tuerons la lune s’il le faut

Pour disperser vos cendres

Dans les trous de notre mémoire

Nous prierons Dieu pour ouvrir son Enfer

Croix et croissant pour nourrir nos brasiers

Et nous ferons de vos frontières nos pissotières

 

La bannière étoilée est notre chandelier

Dans le ciel déchiré par nos mâchoires

 

 

(également publié sur les sites Transfinito et Maison de la Poésie de Namur) 

 

 

 

Tahar Bekri 

 

Né en 1951 en Tunisie. Vit à Paris depuis 1976. Parmi ses recueils : Le coeur rompu aux océans (L'Harmattan, 1988) ; Les chapelets d'attache (L'Harmattan, 1994) ; Marcher sur l'oubli (L'Harmattan, 2000) ; L'horizon incendié (Al Manar, 2002) ; La brûlante rumeur de la mer (Al Manar, 2004) ; Les songes impatients (Aspect, 2004) ; Si la musique doit mourir (Al Manar, 2006).

 



17:10 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie

12/09/2006

Florence Trocmé

 

 

lutte à mort
Lutter avec la mort à mots raccourcis. 
Lutter avec la mort à caresses prolongées
mots et caresses pour la désenchanter, 
elle l'errante
la guetteuse gueuse sans relâche
qui veut la peau de l'amour
plus encore que nos peaux d'âne.   

Compte à rebours 1
Ton pouce posé sur le livre, un peu appuyé, blanchit en cadence avec la pulsation du sang, tandis que l'autre main posée sur ton estomac enregistre cette pulsation à même ton corps. 

Tu penses alors à l'enregistrement audio de ce battement. Coups de la vie, coups qui disent la vie qui se fraie un chemin vers la fin, coups qui disent la vidange du sablier. Chaque coup capté passé te rapproche de ta mort à venir. Le sang bat, oui, mais il dit aussi « un coup de moins, un coup de moins ». Il épuise le capital des coups. Tu as x coups à battre avec ce cœur-là et rien ne te dit que ton potentiel n'est pas tout près de sa fin.
 
Combien de coups par jour : environ 100 000 (70 pulsations par minute x 60 x 24), environ 36 millions par an, environ 3 milliards de battements, en gros, pour une vie de quatre-vingt ans. 
      Compte à rebours 2 
Balancier de l'horloge, sable du sablier, battements du cœur, ovules dans la matrice, mots, : même compte à rebours.

 

 

 

Le Flotoir, 22 juillet 2003.

 

 

 

Florence Trocmé

 

Née en 1949. Modératrice de deux sites web que je n'hésite pas à qualifier d'indispensables : Poezibao et Le Flotoir (liens ci-contre, colonne de gauche). Grand reporter, envoyée spéciale sur le front de la poésie de maintenant. Merci, Florence.

 

 

15:05 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : poésie