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06/10/2012

Jean-Yves Masson (3)

 

Bagues sur des doigts invisibles, quand je viens

astres anciens, peut-être morts, contempler la danse immobile

de ces mains oubliées qui firent signe sur le ciel,

 

perles au cou de l'enfant divin qui puisait

de l'eau à la fontaine ou versait le sommeil

du haut de la toile nocturne, beau théâtre !

 

je vous revois tel que vous fûtes, je suis cet éphémère

qui ne sait que vos noms humains murmurés par les siècles

et qui cherche à saisir le secret noir du temps.

 

 

Neuvains du sommeil et de la sagesse.

- Cheyne éditeur, 2007. - 111 p.

 

 

Jean-Yves Masson

Né en 1962, il vient d'avoir 50 ans. Ses autres recueils : Offrandes (Voix d'encre, 1995) ; Onzains de la nuit et du désir (Cheyne, 1995 et 1999, Prix Roger Kowalski) ; Poèmes du festin céleste (L'Escampette, 2002).

Également romancier, essayiste, auteur dramatique, traducteur (Hofmannsthal, Rilke, Yeats, Mario Luzi, ...), directeur de collection, auteur d'une monumentale anthologie de la poésie irlandaise du XXe siècle (1996), enseignant de littérature comparée à l'université de Paris IV Sorbonne... j'en oublie.
Nous attendons avec confiance l'essai sur la traduction littéraire qu'il nous promet depuis une vingtaine d'années.

Déja invité dans Poésiemaintenant, les 30 avril 2006 et 21 octobre 2008.

03/10/2012

Lettre ouverte à Monsieur Vincent Peillon, Ministre de l'Éducation nationale


Monsieur Vincent Peillon

Ministre de l'Éducation nationale

110, rue de Grenelle

75357 PARIS SP 07

 

3 octobre 2012

 

 

Monsieur le Ministre,

 

 

Depuis 15 ans, l’équipe du Printemps des Poètes accomplit un travail remarquable de promotion et de diffusion des écritures poétiques contemporaines. Pour avoir participé à plusieurs de ces actions aux côtés de Jean-Pierre Siméon et ses collaborateurs, je peux témoigner de leur compétence, leur dévouement et leur efficacité.  

 

Vos services viennent de réduire de 40% (60 000 €)  la subvention annuelle que votre Ministère verse à cet organisme.

 

Nous sommes nombreux, en France et à l’étranger, à trouver cette décision incompréhensible et extrêmement décevante.

 

La crise actuelle impose certes de réaliser des économies. Mais s’il est un domaine à préserver, c’est bien celui, si précieux, si fragile, de la poésie.

Construisons quelques kilomètres d’autoroute de moins. Ne tirons pas un ou deux feux d’artifice. Passons-nous de quelques Rafales. Mais, Monsieur le Ministre, permettons aux défenseurs de la poésie de faire leur travail.

 

Jean Jaurès, que vous connaissez si bien, n’aurait jamais signé une pareille mesure. Sa pensée, son action, son idéal s’enracinaient dans une connaissance intime des philosophes, des écrivains et des poètes.

 

Je ne peux pas imaginer une seconde que vous confirmerez cette décision. Je suis persuadé que vous aurez à cœur de donner à l’association du Printemps des Poètes tous les moyens de poursuivre son travail.

 

 

Vous remerciant de l’attention que vous porterez à ce courrier, je vous prie de croire, Monsieur le Ministre, à l’expression de mes sentiments respectueux.

 

 

 

Pierre Maubé

Bibliothécaire, écrivain,

membre des comités de rédaction des revues de poésie ARPA et Place de la Sorbonne.

 

22:14 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (10)

29/09/2012

Michèle Finck (3)


Tout au fond

 

Tout au fond de la douleur il y a encore un fond

Plus profond où se jeter corps et crâne contre le roc.

L'amour impossible est un soleil suicidé

Qui cicatrise de cris dans le ventre.

 

Heurts de langue contre la lame de la mémoire.

 

Les sanglots veillent sur la solitude de l'os

Et le bercent. La mie des mains prie plus douce

A chaque chute. Les bouches de la folle se changent

En violoncelle et tètent le noir.

 

 

*  * *

 

 

A la couleur

 

J'ai cru griffer le ciel jusqu'au sang

Mais le ciel ne saigne pas.

 

Quand le prince de la couleur viendra-t-il

Enluminer nos corps de sa salive multicolore ?

Quand peindra-t-il en nous ses fresques silencieuses ?

Seul vient un mendiant de mots, chargé de nuit.

Nous nous agenouillons tous deux au bord de l'os,

Inconsolables, pour pleurer l'implosion de la couleur.

 

Le noir est la seule vérité de la bouche.

 

Ce soir un peu de bleu a eu pitié de moi

Et s'est posé sur mon front comme une étoile.

 

 

Balbuciendo. - éditions Arfuyen, 2012. - 86 p.

 

 

Michèle Finck

De la douleur à la couleur...
Née en 1960. Un autre recueil : L'ouie éblouïe (gouaches de Coline Bruges-Renard, éd. Voix d'encre, 2007).

Enseignante de littérature comparée à l'Université de Strasbourg, spécialiste d'Yves Bonnefoy et de Claude Vigée, dont elle a préfacé les oeuvres complètes parues aux éditions Galaade en 2008. Travaille notamment sur les liens entre la poésie et les autres arts : Poésie et danse à l'époque moderne : corps provisoire (éd. Armand Colin, 1992) ; Poésie moderne et musique : vorrei e non vorrei : essai de poétique du son (éd. Champion, 2004) ; Giacometti et les poètes : "si tu veux voir, écoute" (éd. Hermann, 2012).

Déjà invitée sur Poésiemaintenant, les 19 décembre 2006 et 20 novembre 2008.
Pour mieux la connaître, son site (lien ci-contre) : http://michele.finck.free.fr

16:25 Publié dans Poésie | Lien permanent | Commentaires (0)